Cinéma - Le Septième Sceau d'Ingmar Bergman (1957)

Souvent cité dans les chefs d’oeuvre mais moins souvent vu… Que voilà un film fascinant, justement et pour lequel on peut partir avec des à-priori

J’ai mis du temps à ouvrir ce DVD et à placer le disque dans le lecteur. Il fallait que je sois totalement réceptif à cette oeuvre car le sujet est complexe, plus complexe que si je résumais cela en disant qu’un Chevalier et son écuyer reviennent des croisades après 10 ans pendant que l’épidémie de peste fait rage dans des terres inhospitalières. Si j’ajoute que le chevalier (Max von Sidow) propose à la mort une partie d’échec, l’histoire paraît déjà toute autre.

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On pourrait penser à un film lugubre, froid, surtout qu’il est dans un très beau noir et blanc fort contrasté, parfois baigné d’un soleil brûlant grâce à Gunnar Fisher. Mais non, il y a de la gaieté, notamment avec ces saltimbanques (Nils Pop et Bibi Anderson), ou dans ces échanges entre le chevalier et la mort (Bengt Ekerot), qui comme on le sait, a beaucoup d’humour. Elle est surtout imprévisible et Bergman se pose bien des questions sur elle, sur la foi, le sens de la vie. Il y a bien des interprétations possibles dans le déroulement du film, comme par exemple le rôle très ambigu de Jöns, l’écuyer à la fois cynique et rationnel, ou celui de Raval, sorte de Judas diabolique.

Le film reste sinon très sobre en effets, avec parfois quelques montages étonnant. Pas ou peu de musique sinon celle de nos baladins. La phrase donnant le titre vient de l’Apocalypse de Saint-Jean et cela situe aussi le parallèle avec la peste. On pense parfois à des tableaux de Jérôme Bosch pour certaines scènes, alors que les visages et lumières peuvent aussi rappeler du Georges de la Tour. Le spectateur est ainsi pris dans cette quête spirituelle et morale qu’il peut être nécessaire d’aborder en plusieurs visionnage.

Le film a été très inspirant pour bien des réalisateurs et j’ai repensé notamment à un des premiers Verhoeven, Flesh and Blood, bien que l’histoire diffère profondément. Bergman avait déjà une dizaine de films à son actif lors de la réalisation de celui-ci. Il faut dire qu’il fut prolifique. Peut-on dire qu’il atteint son paroxysme? Il aborde en tout cas des thèmes qui lui sont chers et nous interroge nous-même sur notre relationnel à cette mort avec qui nous jouons sans le savoir des parties d’échecs.

En vidéo : La Bande annonce video


Ecrit le : 06/05/2021
Categorie : cinema
Tags : cinéma,1950s,cinémathèqueidéale,religion,mort

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